Projet pédagogique

Peut-on dire que la Génèse soit un spectacle créé exclusivement pour le jeune public? Non. Car le sujet n’est pas limitatif. Ni le sujet d’un seul public.

Pour la Compagnie du Complot il s’agissait avant tout de raconter l’histoire d’un gars qui a écrit un best-seller. Un ouvrage traduit dans toutes les langues, répandu dans le monde entier et disponible dans toutes les bonnes librairies mais maintes fois oublié au fond d’une bibliothèque familiale.

Au départ donc l’envie de raconter une histoire, l’histoire qui marqua et continue à marquer des générations entières de petits écoliers. Qui n’a pas rêvé sur la première rencontre d’Adam et Eve, résidents du jardin d’Eden raconté par le professeur de religion? Mais petits écoliers devenus grands mais combien se souviennent de la suite exacte, de la Tour de Babel, des noms des premiers ancêtres, de l’origine, bref de la Genèse.

Pour la Compagnie il ne s’agissait pas de "faire la morale" mais avant tout de se pencher aujourd’hui à l’aube du 21 siècle sur les premiers êtres humains et la pérennité des conflits qu’engendre toute relation. Peut-on s’identifier à Adam et Eve? Notre morale dépend t-elle de leur histoire? Ne surgissent pas derrière ces récits si lisses et universels les failles humaines et psychologiques présentes dans les meilleures familles?

La Genèse un spectacle familial alors? Oui! Une création sur la création qui touche un large public initié ou non. Pour un public jeune cependant il renoue peut-être davantage avec un programme scolaire: cours de religion, de morale, voire de philosophie pour les âges plus avancés ou un cours de langue. Sur ce point rappelons que la Genèse forme la base des religions juive chrétienne et musulmane. Elle concerne donc aussi la population scolaire "musulmane" et peut servir à réunir autour d’un même thème différentes cultures vivant en Belgique.

Etant donné que chaque comédien joue dans sa propre langue maternelle le spectacle est très accessible peu importe l’origine du spectateur. Le langage visuel, corporel devient universel. Un élève qui apprend une langue étrangère, a le plaisir et l’occasion de l’entendre dans un cadre motivant et vivant parlée par les "natives speakers".

Le spectacle se ne veut pas blasphématoire! Le but du spectacle est de laisser la morale ouverte que le public soit inspiré qu’il trouve son propre sens. Il ne s’agissait pas d’interpréter ou critiquer la bible. Cela est une autre combat. La bible sert "d’exemplaire mythique", d’histoire. Le public peut y voir des milliers d’interprétations possibles. Celle de la Compagnie du Complot en est une. Si celle-ci peut devenir prétexte à discussion, peut permettre à un (jeune) public de s’ouvrir à "ces histoires qui portent un lourd bagage" alors nous nous sommes déjà un peu plus rapprochés les uns des autres. Non?